MUDAM Logo

LE BÂTIMENT

Métaphore de la forteresse

Ieoh Ming Pei a imaginé un musée prenant appui sur les murs d’enceinte qui entouraient la forteresse intérieure conçue en forme de flèche.

La forme asymétrique en V, avec des angles à 45 degrés, s’élève sur les ruines du Fort Thüngen. La forme introvertie de la forteresse, repliée autour de ses murs de fortification, se retrouve dans le nouveau bâtiment de Pei. La géométrie du musée est ainsi une sorte de continuation de la forteresse. Le contraste avec celle-ci est d’autant plus intéressant que Pei compose son bâtiment avec des volumes très géométriques, adoptant des formes à la fois modernes et classiques. Son architecture est formaliste, tout en étant sobre et monumentale.

Le bâtiment, d’une superficie nette de 10.000 m2, dispose d’environ 4.800 m2 de surfaces publiques et d’exposition réparties sur trois niveaux. Les galeries hautes sont éclairées par un système d’éclairage zénithal invisible de l’extérieur du bâtiment. La façade nord a des ouvertures réduites sur la Place de l’Europe. La façade sud, toute en verre, est tournée vers les quartiers de Clausen et Pfaffenthal. L’accès au musée se fait par deux ponts convergents. Ces ponts surplombent les anciennes douves sèches de la forteresse et mènent vers la pointe de flèche qui dessine le bâtiment.

Après avoir traversé l’accueil, et laissé le vestiaire sur la gauche, le visiteur arrive dans un espace de lumière : le Grand Hall. C’est le noyau du bâtiment depuis lequel on accède aux différents espaces. Sa verrière de plus de 33 m de haut est réalisée à l’aide d’une trame métallique. Elle est aussi surmontée d’un clocheton à section carrée. Un balcon surplombant le Grand Hall ouvre une vue sur le centre historique de la ville, ponctuée en avant-plan par les « Trois Glands » – les « Dräi Eechelen » – du Fort Thüngen. Dans un espace situé à droite du grand hall se trouve une autre verrière tout aussi impressionnante : la courbe de cette salle induite par le tracé au sol des anciennes fondations a contraint Pei à réaliser une verrière bombée et courbe. C’est ici que se trouve le café, aménagé par les designers Erwan et Ronan Bouroullec. 

A gauche du Grand Hall, une autre verrière, le jardin de sculptures, symétrique à la précédente mais plane, met en évidence le dessin des différentes pièces constituant la structure métallique.

En retrait de l’ensemble du bâtiment, un petit édifice octogonal - le Pavillon Henry J. and Erna D. Leir - est relié à l’ensemble du bâtiment par une passerelle en verre. L‘accès se fait depuis le niveau de l‘accueil. Ce pavillon est lui aussi surmonté d’une verrière à clocheton et offre un autre point de vue sur l’extérieur.

Au premier étage, deux grandes galeries d’exposition sont accessibles par l‘escalier partant du Grand Hall ou par des escaliers latéraux constituant à eux seuls des prouesses architecturales. Ces espaces sont caractérisés par la présence de sheds qui permettent un éclairage naturel et diffus sans ombre ni reflet. Ces sheds sont constitués de poutres en béton architectonique d’une portée de plus de 29 m pour les plus longs. La lumière est diffusée dans ces salles par des baies uniformément vitrées. Les sheds restent invisibles de l’extérieur.

Le niveau -1 se présente comme un univers plus intimiste où la lumière zénithale fait place à une pénombre adaptée à des expositions d’œuvres lumineuses et d’installations vidéo ou de nouveaux médias. Il abrite aussi un atrium, une antichambre, un auditorium de 120 places ainsi que les bureaux. 

Au niveau -2, les sous-sols sont destinés aux locaux techniques.

Les sols des salles d’exposition sont en bois de chêne, les murs en plâtre. L’ensemble du bâtiment est revêtu à l’extérieur, comme dans les zones de circulation à l’intérieur, d’une pierre calcaire couleur miel, le Magny doré. Certains plafonds ont été réalisés en béton architectonique dont les coffrages laissent percevoir les nervures des bois souples – du pin d’orégon – utilisés pour leur mise en œuvre. Reliant les étages, se dévoilent d’admirables escaliers, moulés sur place en béton architectonique.

Le musée présente des expositions ouvertes à tous les domaines de la création actuelle. Au moment de la signature du contrat avec Ieoh Ming Pei, la collection était en début de constitution. L’architecte était donc dans l’impossibilité de concevoir des espaces sur mesure pour des œuvres précises. Mais même si le projet de Pei n’a pas pu être adapté à certaines œuvres particulières, il est loin d’être neutre : de même que la forme du bâtiment est née des contraintes de son emplacement, le placement de certaines œuvres dépend des contraintes du bâtiment. L’architecture de Pei n’essaie pas de dominer l’art, mais elle entend lui offrir un espace.

L’architecte I.M. Pei

© Dessin : J. C. Massinon, Mudam Luxembourg, 2006

Ieoh Ming Pei a imaginé un nouveau type de musée : un musée populaire qui permet au public de circuler librement et de passer un séjour agréable.

Il est né à Canton en Chine en 1917. Il arrive en 1935 aux États-Unis où il étudie à l’Université de Pennsylvanie, Philadelphie, puis au Massachusetts Institute of Technology (MIT) à Cambridge, Boston, d’où il sort diplômé en 1940. Il suit ensuite l’enseignement de Walter Gropius et de Marcel Breuer à la Harvard Graduate School of Design (master en 1942 et doctorat en 1946). En 1955, il est naturalisé américain et fonde avec Eason Leonard et Henry Cobb sa propre agence qui deviendra l’agence Pei, Cobb & Partners. Pei réalise dès ses débuts des projets d’urbanisme et des programmes immobiliers novateurs.

Mais c’est surtout avec la construction d’édifices comme la J.F. Kennedy Library de Boston, l’hôtel de ville de Dallas, le Jacob K. Javits Convention Center de New York, les Gateway Towers de Singapour ou la Bank of China de Hongkong qu’il accède à la notoriété internationale. Ses projets se comptent aujourd’hui par centaines dans le monde entier. Il a conçu, durant toute sa carrière, des musées de premier plan, comme le Des Moines Center dans l’Iowa, l’Aile Est de la National Gallery de Washington, l’Aile Ouest du Museum of Fine Arts de Boston, le redéploiement du Louvre à Paris et l’extension du Deutsches Historisches Museum à Berlin. 

Pei a reçu une multitude de distinctions et de prix, dont, en 1983, le prestigieux Prix Pritzker pour lequel la motivation du jury se résume ainsi : « Les constructions de Ieoh Ming Pei comptent parmi les plus belles et importantes de ce siècle. La signification de son travail va bien au-delà de considérations purement formelles. Car l’architecte s’est toujours intéressé au tissu et au contexte dans lequel il intervient. Il a ainsi refusé de limiter son travail à des problèmes purement architecturaux. Le haut degré de finition et la qualité des matériaux choisis font de ses constructions des œuvres approchant la poésie ».

 

Mudam Luxembourg
3, Park Dräi Eechelen
L-1499 Luxembourg

info@mudam.lu

Nous trouver

Accueil
+352 45 37 85-960

Standard administratif
+352 45 37 85-1

Visites guidées
+352 45 37 85-531
visites@mudam.lu

Mudam Boutique
+352 45 37 85-980

Mudam Café
+352 45 37 85-970