GUILLERMO KUITCA

« Ces toiles, peintes puis abandonnées, provoquent une rencontre du dessin et de la peinture aussi fortuite que celle du parapluie et de la machine à coudre sur la table de dissection, sans être aussi insolite. En même temps, la série se présente comme un journal intime. » Graciela Speranza

Diarios since 1994 till 2000

Diario (21 August 1995 - 4 March 1996)
Diario (1 August 97 - 26 November 97)
Diario (23 August 1999 - 1 November 1999)

Guillermo Kuitca
Diarios since 1994 till 2000, 1994-2000
Technique mixte sur toile
19 tondi
ø120 cm chacun
Collection Mudam Luxembourg
Acquisition 2000
© Photo : Gustavo Lowry

La série des Diarios (Journaux) de Guillermo Kuitca (1961), dont le Mudam possède 19 tableaux, a débuté en 1994 et n’a cessé depuis de s’enrichir. Lors de sa présentation en 2007 à la Biennale de Venise, le public a pu découvrir l’incroyable richesse de ces variations picturales. Réutilisant les toiles de tableaux qu’il estimait non aboutis, l’artiste a mis en place un cycle de production qui lui est très personnel : tendue sur la table de son jardin, la peinture se compose peu à peu au fil des mois. Les tondi sont ainsi le résultat d’un processus de création parfaitement aléatoire, ils recueillent les traces du temps et des activités de l’artiste, qu’il s’agisse d’essais de couleurs ou de griffonnages automatiques lors de conversations téléphoniques. Comme sur un palimpseste, les strates de la vie personnelle et artistique de Kuitca se superposent sans pour autant qu’elles se réduisent à des anecdotes. Les oeuvres révèlent la dimension artisanale de la peinture, elles offrent une entrée cryptée dans les secrets de l’atelier et renvoient à l’artiste en sa qualité de façonnier. Les Diarios ne répondent pas à une cohérence formelle, logique ou artistique interne, ils suivent une logique temporelle. Kuitca qui, dans d’autres cycles picturaux, a travaillé avec du matériel cartographique, recompose précisément ici une cartographie du temps. « Disons qu’un Diario se produit sans mon entremise. Après un certain temps, il est achevé. Mais il n’y a pas ici d’idée de parachèvement, aucune attente de résultat. »
Guillermo Kuitca