L’artiste allemand Günther Förg (1952-2013) est connu pour sa peinture abstraite géométrique et pour ses photographies, surtout d’architectures emblématiques du Modernisme. Néanmoins, le geste pictural et la figure humaine jouent également un rôle dans son œuvre, que ce soit en peinture, en photographie et même dans les quelques rares sculptures qu’il a réalisées durant sa carrière. Jeune artiste diplômé de l’Académie des Beaux-Arts de Munich, Förg est fortement impressionné par les œuvres de Blinky Palermo, de Cy Twombly et de certains peintres « Colorfield » américains. 

Città Universitaria

Günther Förg
Città Universitaria, 1985
Photographies noir et blanc
180 x 120 cm chacune
Collection Mudam Luxembourg
Apport FOCUNA
Acquisitions 1997
© Photos : galerie Bärbel Grässlin

Untitled n° 41/92

Günther Förg
Untitled n° 41/92, 1992
Acrylique sur feuille de plomb montée sur bois
180 x 110 cm
Apport FOCUNA
Acquisition 1997
Collection Mudam Luxembourg
© Photo : galerie Bärbel Grässlin

Que ce soit la série de peintures grises dont il réalise un tableau par semaine pendant trois ans, entre 1973 et 1976, ou les peintures murales, dont il achèvera quatre-vingt-seize exemplaires entre 1980 et 1994, son approche à la peinture se révèle conceptuelle et systématisée. Expérimentant avec différents supports et dans la continuité des peintures grises, il découvre le plomb vers la fin des années 1970, réalisant par la suite plusieurs séries de grand format sur ce matériau lourd et porteur d’une forte charge symbolique. 

Untitled n° 48/92

Günther Förg
Untitled n° 48/92, 1992
Acrylique sur feuille de plomb montée sur bois
180 x 110 cm
Apport FOCUNA
Acquisition 1997
Collection Mudam Luxembourg
© Photo : galerie Bärbel Grässlin

Occupant à partir de 1992 et pendant cinq ans un poste de professeur de peinture à l’Académie des Beaux-Arts de Karlsruhe, Förg s’intéresse à ce moment-là à une réponse critique à la peinture abstraite américaine de Barnett Newman ou de Mark Rothko. Ainsi, ses peintures à aplats géométriques coloriés, dont un grand nombre sont peintes sur plomb, interrogent la surcharge symbolique des travaux des peintres américains, qui cherchaient à atteindre le « sublime » dans leurs œuvres. Förg ne souligne pas seulement la matérialité de la couleur et du support, mais met aussi en question les notions de singularité et de d’accomplissement technique à travers les traces visibles d’une exécution explicitement imparfaite.