Depuis plus de quarante ans, l’artiste français Bernard Frize (*1954) mène des investigations sur la peinture. Travaillant presque toujours en série, ses tableaux abstraits ont pour sujet le processus de leur création même. Suivant des schémas prédéterminés et attentivement réfléchis, ses procédés explorent toutes les possibilités techniques et esthétiques dans une grande diversité méthodique jusqu’à ce que l’artiste les considère comme épuisées. Réalisant des œuvres qui ne signifient rien d’autre que ce qu’elles montrent, Frize les considère néanmoins comme des « images », comme des représentations qui nécessitent le regard et l’interprétation du spectateur. Ainsi, Frize contribue à une culture du regard, donnant des exercices visuels à son public. « Une toile devrait permettre de deviner comment elle a été peinte, comme si on avait pu la réaliser soi-même, » dit-il.

Extension 2

Bernard Frize
Extension 2, 1990
Acrylique et résine sur toile
240 x 220 cm
Collection Mudam Luxembourg
Apport FOCUNA
Acquisition 1996
© Photo : Rémi Villaggi

Peint, comme la plupart de ses œuvres, en position horizontale, le grand format Extension 2 (1990) fait partie d’une série de dix tableaux, que Frize a exécutée entre 1987 et 2001. Pour sa réalisation, l’artiste a utilisé un pinceau de vingt centimètres de large, le chargeant de huit segments de couleurs différentes et couvrant ensuite la surface de la toile dans des mouvements sinueux continus, créant ainsi un espace pictural oscillant entre profondeur et marbrure multicolore. « Il semble, indique-t-il, qu’il y ait une étrangeté quant à la distance focale, comme si la peinture n’était pas réellement posée sur le fond de la toile, ou plutôt on ne sait pas décider si l’image est parallèle qu plan. Leur taille contient un espace affolant, sans aucun repère. Je crois que cela accélère l’activité de regarder. »

Avril

Bernard Frize
Avril
, 1992
Ensemble de 11 peintures
Alkhyd polyuréthane sur toile
70 x 74 cm chacune
Collection Mudam Luxembourg
Apport FOCUNA
Acquisition 1996
© Photo : Christof Weber
© Photo : Alexander Troeler