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DE NOS VIES INTÉRIEURES, DE NOS RÊVES ET DE NOS CAUCHEMARS

« Je suis contente de ne pas être une Epsilon, » dit Lenina avec conviction. « Et si vous étiez une Epsilon, » dit Henry, « votre conditionnement vous aurait rendue non moins contente de n’être pas une Bêta ou une Alpha. »(1)

« L’idée m’est venue subitement, l’autre jour, » continua Bernard, « qu’il pourrait être bien possible d’être adulte tout le temps. »(2)

Kara Walker : Darkytown Rebellion, 2001
Collection Mudam Luxembourg, © Photo : Andrés Lejona

Jusqu’où pouvons-nous regarder en nous-mêmes et donner forme aux fantômes qui nous gouvernent souvent à notre insu ? L’art ne cesse d’ouvrir des portes dans les labyrinthes obscurs de notre inconscient et de nous placer face à l’inconnu. Peu importe qui de l’artiste ou du spectateur fait le cheminement : l’essentiel réside dans l’aventure du regard et de ce qu’il met en oeuvre, pour toute personne qui s’y abandonne.

Mais chaque porte nécessite une clef et les clefs sont dispersées dans les vastes étendues de l’inspiration artistique. L’histoire de l’art est certes une source majeure pour l’invention des formes et elle procure à nombre d’artistes les fondements de leur propre développement, fut-il étrange, complexe et imprévisible (Tony Cragg, Richard Deacon). Mais l’opacité des sentiments est également un champ inépuisable d’investigation, qu’il s’agisse des relations humaines à la limite de la raison (Eija-Liisa Ahtila), de la puissance des réminiscences de l’enfance (Claude Lévêque) ou des troubles de la sexualité en conflit avec les modèles dominants (Jesper Just).

Et tant d’autres domaines clos par d’invisibles murailles suscitent la curiosité des artistes et leur fournissent du matériau pour leurs œuvres : le sentiment d’impuissance que crée l’indécente injustice que les riches font peser sur les pauvres, les Blancs sur les Noirs, même dans les sociétés dites démocratiques (Kara Walker, Steve McQueen) ; la peur de la mort, souvent évacuée par la recherche constante de divertissements ou de luxe, et qui est mise en scène en se projetant dans l’illusion cinématographique (Izima Kaoru) ; la quête sans fin de l’ultime beauté, de l’ultime sens, de l’ultime écrit (Maurizio Nannucci).

L’art peut parfois être le révélateur de l’impensé d’un individu.

(1) & (2) Aldous Huxley, Brave New World, 1932

 

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