DAVID WOJNAROWICZ

HISTORY KEEPS ME AWAKE AT NIGHT
26/10/2019 - 02/02/2020
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Poète, écrivain, peintre, photographe et musicien : David Wojnarowicz fut, aux côtés d’artistes tels que Nan Goldin, Keith Haring et Peter Hujar, une figure emblématique de la scène underground new-yorkaise des années 1980. Mudam Luxembourg – Musée d’Art Moderne Grand-Duc Jean accueille la première rétrospective de son oeuvre en Europe. Initiée par le Whitney Museum of American Art et organisée en collaboration avec le Museo National Centro de Arte Reina Sofía, l’exposition rassemble près de 140 pièces de l’artiste américain. 

David Wojnarowicz, Untitled (Genet after Brassaï), 1979. Private collection © Photo : Carson Zullinger 

À partir de la fin des années 1970, David Wojnarowicz crée une oeuvre mêlant photographie, peinture, musique, sculpture, écriture et activisme. Autodidacte, il émerge dans le New York des années 1980, une période marquée par une énergie créative débordante, mais aussi par une grande précarité économique et de profonds changements culturels. Le croisement de différents mouvements – le graffiti, les musiques no wave et new wave, la photographie conceptuelle, la performance, la peinture néo-expressionniste, etc. – fait de la ville un laboratoire artistique inédit. David Wojnarowicz refusa de s’assigner un style, adoptant une grande variété de techniques dans un esprit toujours radical. 

David Wojnarowicz voyait dans la figure de l’outsider un sujet de prédilection. Diagnostiqué séropositif, il devint un porte-parole pour les personnes atteintes du sida quand un nombre toujours plus grand d’amis, d’amants et d’inconnus commencèrent à mourir en raison de l’inaction gouvernementale. Son oeuvre documente et éclaire une période sombre de l’histoire américaine : celle de la crise du sida et des conflits culturels des années 1980 et du début des années 1990. Mais il trouve aussi sa place parmi des voix iconoclastes comme les écrivains Walt Whitman et William D. Burroughs, qui explorèrent les mythes américains, leur perpétuation, leurs répercussions et leur violence. Comme eux, David Wojnarowicz aborde des sujets atemporels : le sexe, la spiritualité, l’amour ou encore la perte. « Faire du privé quelque chose de public est un acte qui a d’innombrables ramifications », écrivait-il. 

« Avec rage et beauté, David Wojnarowicz a créé un art qui interroge le pouvoir, et en particulier pourquoi certaines vies sont visibles tandis que d’autres sont cachées. » – David Breslin, co-curateur de l’exposition 

Note biographique 

David Wojnarowicz, né en 1954 et mort en 1992, vivait et travaillait à New York. Son oeuvre a fait l’objet de nombreuses expositions personnelles notamment à la galerie P.P.O.W à New York, ou dans des institutions telles que la Fondation Cartier à Paris (1986), The Kitchen à New York (1989), la Gallery 44 Centre for Contemporary Photography à Toronto (1996), le New Museum à New York (1999) ou Between Bridges à Berlin (2006). Il a également participé à de nombreuses expositions de groupes et à des manifestations internationales comme les 41e Rencontres d’Arles (2010) et la 10e Biennale de Gwangju (2014). Ses oeuvres font partie de nombreuses collections à travers le monde comme celles du MoMA, du Virginia Museum of Fine Arts, du Tel Aviv Museum of Art, de l’Art Institute of Chicago, de la Rubell Family Collection à Miami et de la Broad Art Foundation à Los Angeles. Il a été récompensé par le Louis Comfort Tiffany Award en 1991.

L'exposition David Wojnarowicz. History Keeps me Awake at Night a été organisée par : Whitney Museum of American Art, New York, en collaboration avec Mudam Luxembourg – Musée d’Art Moderne Grand-Duc Jean et Museo Nacional Centro de Arte Reina Sofía.

Commissaires : 
David Breslin
David Kiehl 

Publication

Un catalogue largement illustré accompagne l’exposition (Yale University Press, 2018). Il comprend des essais de Julie Ault, Gregg Bordowitz, Cynthia Carr, Marvin Taylor et Hanya Yanagihara, ainsi que des deux commissaires de l’exposition, David Kiehl et David Breslin.