ANRI SALA

12/10/2019 - 12/01/2020
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Déployée dans les galeries de l’étage, le Grand Hall et le Pavillon, l’exposition d’Anri Sala au Mudam Luxembourg – Musée d’Art Moderne Grand-Duc Jean est conçue en dialogue avec l’architecture de Ieoh Ming Pei, ses volumes uniques et ses jeux de symétrie. Un ensemble d’oeuvres récentes y est présenté et mis en dialogue avec quelques pièces plus anciennes. Le Pavillon du musée est quant à lui investi par une oeuvre majeure de l’artiste, l’installation sonore pour 38 caisses claires The Last Resort (2017), créée pour le Kaldor Public Art Projects à Sydney et présentée ici pour la première fois en Europe. 

Anri Sala, The Last Resort, 2017 © Photo : Pedro Greig

Loin d’être un simple accompagnement de l’image, le son joue un rôle majeur dans l’oeuvre d’Anri Sala : il révèle l’espace et est abordé pour sa capacité à « ouvrir » le moment présent. Associés à des sculptures animées, des dessins, des photographies ou des installations sonores, ses films déploient un spectre musical d’une surprenante variété : le free jazz du saxophoniste Jemeel Moondoc dans Long Sorrow (2005) côtoie la musique de Schönberg dans The Present Moment (2014), la célèbre chanson punk Should I stay or should I go ? dans Le Clash (2010) ou encore l’Élégie de Stravinsky dans If and Only If (2018). Dans chacune de ses oeuvres, l’expérience subjective et sensorielle du spectateur entre en résonance avec une dimension collective, sociale et historique. 

Cette attention portée à l’expérience se retrouve dans la manière spécifique qu’a Anri Sala d’envisager ses expositions. Chacune d’elles offre une configuration singulière et est pensée comme un « continuum de présences et de flux », un « site de conjonctions et d’interrelations » dans lequel le spectateur joue un rôle actif. « L’idée, précise l’artiste, n’est pas de tracer un parcours ou d’offrir un possible scénario, mais de synchroniser les oeuvres entre elles comme s’il s’agissait d’une partition musicale. » 

Note biographique 

Anri Sala est né en 1974 à Tirana, en Albanie. Il vit et travaille à Berlin. Son oeuvre a fait l’objet d’expositions personnelles dans des musées tels que le Museo Tamayo à Mexico (2017), le New Museum à New York (2016), le Haus der Kunst à Munich (2014), le Centre Pompidou à Paris (2012), la Serpentine Gallery à Londres (2011), le Museum of Contemporary Art North Miami (2008), la Fondazione Nicola Trussardi à Milan (2005). En 2013, il a représenté la France à la 55e Biennale de Venise. Il a également participé à de nombreuses expositions de groupe et biennales, comme la 12e Biennale de La Havane (2015), la 11e Biennale de Sharjah (2013), la 9e Biennale de Gwangju (2012), la Documenta 13 (2012), la 29e Biennale de São Paulo (2010), la 2e Biennale d’art contemporain de Moscou (2007), et la 4e Biennale de Berlin (2006). Il a reçu le Vincent Award (2014), le 10e Benesse Prize (2013), l’Absolut Art Award (2011) et le Young Artist Prize de la Biennale de Venise (2001). 

Commissaires :
Suzanne Cotter, Christophe Gallois, assistés par Sarah Beaumont